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Crise agricole / Audition Sénat : les consommateurs se mobilisent pour trouver des solutions
8 janvier 2026
Lors de notre audition au Sénat hier, nous avons demandé que la protection des producteurs devienne une priorité nationale. Il est urgent de mettre en place une convention citoyenne autour de l’alimentation pour redessiner les contours durables et équitables de notre consommation.
Il faut que notre pays organise la protection de ce métier essentiel à nous tous, et cela doit se faire main dans la main avec les consommateurs.
L’objectif de cette convention citoyenne est de pouvoir faire entendre nos voix de consommateurs pour peser sur les décisions qui seront prises. Nous allons pouvoir expliquer clairement et tous ensemble quelle alimentation nous souhaitons, réfléchir à la protection durable des producteurs et demander la transparence totale sur nos achats et les produits que nous consommons tous les jours.
27 exploitations mettent la clé sous la porte chaque jour en France (200 par semaine) et dans le contexte géopolitique actuel, cette nourriture faite près de chez nous est un trésor collectif et vital sans équivalent.
L’URGENCE : PROTÉGER CEUX QUI NOUS NOURRISSENT… ET SORTIR DU CYCLE “COLÈRE – PANSEMENTS – RECHUTE”
Ces derniers mois, les débats publics se concentrent (à juste titre) sur les revenus agricoles et sur la formation des prix. Le Sénat a d’ailleurs lancé une commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution — preuve que la question “où va l’argent ?” est devenue centrale.
Dans le même temps, la disparition des fermes et la concentration se poursuivent : l’Insee constate la baisse du nombre d’exploitations et l’agrandissement moyen des structures, signe d’un modèle sous pression.
NOTRE PROPOSITION : RÉINVENTER NOTRE ALIMENTATION, EN COMMENÇANT PAR DEFINIR LE CAP
Se donner les moyens, ce n’est pas “mettre un chèque en face d’un problème”. C’est commencer par décider :
Quelle alimentation nous voulons (qualité, santé, environnement, accessibilité)
Quel niveau de protection et de rémunération nous jugeons non négociable pour les producteurs
Quelle transparence nous exigeons sur les marges et le partage de la valeur
Quelles règles nous voulons sur la concurrence et les importations.
Ensuite — et seulement ensuite — nous pouvons poser la question des moyens : qui finance quoi, pour obtenir quels résultats mesurables.
Une convention citoyenne est un format éprouvé de démocratie participative : elle permet de transformer une colère en décisions collectives, stables, compréhensibles, applicables.
“OÙ VA NOTRE ARGENT ?” : LA QUESTION QUE TOUT LE MONDE SE POSE, MAIS QUE PERSONNE NE PEUT VÉRIFIER
Aujourd’hui, consommateurs comme producteurs vivent la même frustration : payer plus ne signifie pas soutenir mieux. Nous demandons une règle simple : la transparence doit devenir la norme, pour que chaque euro dépensé puisse être relié à des effets concrets (rémunération agricole, qualité, engagement de filière).
DES SOLUTIONS IMMÉDIATEMENT DÉPLOYABLES – FILIÈRE PAR FILIÈRE
Sur la base de solutions qui existent déjà et peuvent changer d’échelle :
Sanctuariser la matière première agricole : permettre aux producteurs de fixer un prix fondé sur les coûts de production, vérifiable.
Rendre la formation des prix lisible : expliquer simplement “qui prend quoi” sur chaque produit, du champ au rayon.
Faire des consommateurs un tiers de confiance : un collectif qui valide les engagements (prix, cahier des charges, traçabilité) pour sécuriser la négociation.
Mettre en avant les produits qui rémunèrent vraiment : affichage clair du prix effectivement payé au producteur et des engagements associés.
Protéger contre la concurrence déloyale : ne pas mettre en concurrence des produits français avec des importations ne respectant pas les mêmes normes.