15 janvier 2026

Comment se portent nos oeufs en rayon ?

La France et l’Europe connaissent depuis plusieurs mois des tensions sur l’approvisionnement des œufs. En 2025, les ruptures de stock atteignent 13,3 % dans les rayons français, soit une hausse de plus de 8 points par rapport à 2024 (source KantarWorldPanel pour Agrimer) — un chiffre qui révèle un déséquilibre entre une consommation croissante et une production qui peine à suivre. Comment nos œufs solidaires tirent leur épingle du jeu ? 

La France est le premier pays producteur d’œufs en Europe avec 15,2% de la production européenne. Pour autant, nous avons été habitués ces derniers mois à trouver certains rayons moins fournis.  

 

📈Une consommation record 

 

L’œuf est l’une des protéines les plus consommées en France, avec une consommation de 235 œufs par personne en 2025, et une progression de la demande année après année (+25 œufs en 10 ans). Considéré comme bon marché, d’autant plus en période inflationniste, bénéfique pour la santé et facile à cuisiner, l’œuf est aujourd’hui consommé par + de 96% de la population française. Pour autant, notre capacité de production peine, elle, parfois à suivre. 

 

🐔Les modes d’élevage : une transition qui pèse sur la capacité de production 

 

La filière œuf traverse une profonde transformation. EN 2025, l’élevage dit « en cage » ne représente plus que 14,4 % du marché (contre 53% en 2015), le plein air (40%) et le sol (22%) gagnant des parts de marché au fil des années (source ITAVI).  

👉 Or, ces modes d’élevage alternatifs nécessitent davantage de surface et, souvent, un nombre de poules inférieur par bâtiment, ce qui réduit mécaniquement la capacité de production. La suppression progressive des cages et la transition vers des systèmes plus respectueux du bien-être animal ont donc un impact sur la quantité globale d’œufs disponibles.  

👉 Par ailleurs, l’installation de nouveaux éleveurs reste très complexe, nécessitant de nombreuses démarche administratives. Elle peut prendre en moyenne deux ans, les entreprises de construction de ce type de bâtiment étant submergés par les demandes, mais aussi parfois à cause de l’opposition des riverains inquiets de voir s’installer de nouveaux élevages (et leur lot de nuisances sonores et olfactives). 

 

🥚La dépendance de la RHF aux œufs issus de l’élevage en cage 

 

A noter qu’en 2024, le marché des ovoproduits (issus de la transformation de l’œuf et utilisé massivement dans l’industrie agroalimentaire pour les brioches, pâtes ou pâtisseries) — dépend encore fortement des œufs issus de l’élevage en cage, avec 42 % de fabrication à partir d’œufs en cage (source SNIPO), et jusqu’à 67 % en restauration hors foyer (RHF). Pour la première fois cette année, on a vu arriver des œufs de l’étranger, pour continuer à fournir ces ovoproduits. 

"Depuis quelques année, la France a fait le choix de réduire l'élevage en cage avec plus de respect animal. "

🤩 Qu’en est-il de nos œufs solidaires ?

 

👉Nos ventes ont augmenté de +47% par rapport à 2022 (+18% en 2025). Et malgré une rupture en fin d’année sur les emballages, elles ont continué de progresser (+17,8%). Les difficultés rencontrées par la filière ont incité la grande distribution à étendre les références proposées en rayon, au profit des marques solidaires. Ainsi, on a vu arriver nos œufs plein air par 6 et par 12 dans 160 magasins supplémentaires (hyper et super Auchan, Carrefour et Leclerc). Nos œufs bio ont, eux, été référencés dans 110 hypermarchés Auchan supplémentaires, 32 Carrefour et 19 Leclerc. 

👉Nos œufs plein air seront utilisés dans le moelleux au fromage blanc et au citron dont nous avons collectivement voté la prochaine arrivée à la carte des voitures-bar SNCF. Notre moelleux fait donc office de quasi exception, en utilisant des ovoproduits fabriqués à partir d’œufs issus d’élevages plein air (seulement 25% des ovoproduits sont issus d’œufs en plein air) et une rémunération équitable. 🤩 

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