La France est le premier pays producteur d’œufs en Europe avec 15,2% de la production européenne. Pour autant, nous avons été habitués ces derniers mois à trouver certains rayons moins fournis.
📈Une consommation record
L’œuf est l’une des protéines les plus consommées en France, avec une consommation de 235 œufs par personne en 2025, et une progression de la demande année après année (+25 œufs en 10 ans). Considéré comme bon marché, d’autant plus en période inflationniste, bénéfique pour la santé et facile à cuisiner, l’œuf est aujourd’hui consommé par + de 96% de la population française. Pour autant, notre capacité de production peine, elle, parfois à suivre.
🐔Les modes d’élevage : une transition qui pèse sur la capacité de production
La filière œuf traverse une profonde transformation. EN 2025, l’élevage dit « en cage » ne représente plus que 14,4 % du marché (contre 53% en 2015), le plein air (40%) et le sol (22%) gagnant des parts de marché au fil des années (source ITAVI).
👉 Or, ces modes d’élevage alternatifs nécessitent davantage de surface et, souvent, un nombre de poules inférieur par bâtiment, ce qui réduit mécaniquement la capacité de production. La suppression progressive des cages et la transition vers des systèmes plus respectueux du bien-être animal ont donc un impact sur la quantité globale d’œufs disponibles.
👉 Par ailleurs, l’installation de nouveaux éleveurs reste très complexe, nécessitant de nombreuses démarche administratives. Elle peut prendre en moyenne deux ans, les entreprises de construction de ce type de bâtiment étant submergés par les demandes, mais aussi parfois à cause de l’opposition des riverains inquiets de voir s’installer de nouveaux élevages (et leur lot de nuisances sonores et olfactives).
🥚La dépendance de la RHF aux œufs issus de l’élevage en cage
A noter qu’en 2024, le marché des ovoproduits (issus de la transformation de l’œuf et utilisé massivement dans l’industrie agroalimentaire pour les brioches, pâtes ou pâtisseries) — dépend encore fortement des œufs issus de l’élevage en cage, avec 42 % de fabrication à partir d’œufs en cage (source SNIPO), et jusqu’à 67 % en restauration hors foyer (RHF). Pour la première fois cette année, on a vu arriver des œufs de l’étranger, pour continuer à fournir ces ovoproduits.