PROCESS ALIMENTAIRE – Bien-être animal : les entreprises françaises se démarquent

04/03/2019 

« La nouvelle édition du « Business Benchmark on Farm Animal Welfare » (BBFAW) fait ressortir les progrès des entreprises françaises en matière de bien-être animal. Ce classement évalue chaque année les grands groupes de l’agroalimentaire sur la base de leur prise en compte du bien-être des animaux d’élevage et de leur transparence sur le sujet. Pour cette septième année consécutive, 150 entreprises de 23 pays ont été évaluées par un questionnaire, puis classées selon six niveaux (le premier étant le plus élevé).

 

Parmi les treize entreprises françaises qui figurent dans le rapport, Danone est la mieux classée. Le groupe atteint le niveau 2, grâce à la publication d’un reporting public sur le bien-être animal en 2018. L’an dernier, le groupe avait obtenu plusieurs récompenses lors de la remise des Trophées du Bien-être animal.

 

Le groupe Casino poursuit de son côté sa démarche de progrès dans le classement, passant en l’espace de deux ans du niveau 6 au niveau 3. Ce qui le positionne en tête des autres distributeurs français également cités. L’une des actions majeures du groupe est la mise en place de l’étiquetage du bien-être animal de sa filière poulet.

 

D’autres entreprises françaises continuent de progresser, à l’instar de Lactalis, de LDC et des distributeurs Auchan et Les Mousquetaires. Tandis que deux autres font leur entrée dans le classement : Système U et la Cooperl Arc Atlantique. Brocéliande, filiale de la coopérative numéro 1 du porc, vient d’ailleurs d’annoncer lors du Salon International de l’Agriculture la mise en place d’un référentiel de 130 critères liés au bien-être animal et au développement durable (comportement des animaux, propreté, aspect corporel des animaux, etc.). « Cette démarche de progrès continu s’ajoute au cahier des charges déjà très exigeant de l’élevage sans antibiotique dès la naissance et sans OGM (< 0,9 %) », indique Brocéliande. La marque de charcuterie avait été la première à bannir la castration des cochons en 2013.

Plus de transparence exigée

Le BBFAW constate que les 150 entreprises évaluées ont publié des politiques de groupe sur le bien-être animal et certains engagements mais qu’elles ne fournissent que très peu ou pas d’informations sur leurs performances. « Seulement la moitié des entreprises rendent publique la proportion d’animaux élevés hors cage dans leur approvisionnement et, pour la durée de transport des animaux vivants, ce pourcentage passe à seulement une sur cinq », déplore le rapport.

 

« Il faut désormais que les entreprises se montrent plus transparentes sur les progrès effectifs qui leur permettront de tenir leurs engagements en matière de bien-être animal », observe Amélie Legrand, responsable des affaires réglementaires pour CIWF France, qui accompagne un grand nombre des entreprises évaluées par le BBFAW.

 

Des preuves plus que nécessaires, à l’heure où le bien-être animal est en tête des priorités pour les consommateurs. « Le bien-être animal est une préoccupation suffisamment forte pour que les consommateurs acceptent de payer plus », affirme Laurent Pasquier, cofondateur de la marque « C’est qui le Patron ?! » (lire octobre 2018, p.114). »

MARJOLAINE CÉROU

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